Les nuisibles
Les espèces nuisibles sont des animaux ou des insectes qui causent des dommages significatifs à l’environnement, à l’économie ou à la santé humaine.
Les frelons asiatiques
Chaque année, l’arrivée du printemps est très attendue : elle rime avec le gazouillement des hirondelles, les chemins embellis de mille couleurs florales, les vols de papillons… Mais aussi avec les premiers repas pris à l’extérieur ! Toutefois, une ombre vient systématiquement perturber l’enthousiasme et l’allégresse que suscite cette activité… Les guêpes et les frelons, qui nous insupportent d’autant plus lorsqu’ils sont qualifiés « d’asiatiques ». Pourtant, ni les guêpes ni les frelons (asiatiques ou européens) ne sont des animaux agressifs, bien qu’il leur arrive d’attaquer l’Homme lorsqu’ils se sentent menacés.
Pour limiter les désagréments, l’une des méthodes les plus partagées est d’élaborer des pièges artisanaux (bières, sirops) ou commercialisés (piège véto pharma) afin de tenter de capturer des femelles fondatrices de frelon au printemps. Après la pose d’un piège, on est satisfait des quelques frelons ou guêpes capturés, sans jamais porter un regard sur les milliers d’autres insectes tués que l’on inscrira sur la liste anonyme des « dommages collatéraux ».
Des milliers de victimes collatérales
Cette technique se révèle pourtant totalement inefficace : chaque nid de frelon asiatique peut produire jusqu’à 500 femelles fondatrices1, et l’éradication d’une ou deux d’entre elles ne laissera qu’un peu plus de places à ses concurrentes. Une étude menée en Vendée en 2011 a montré que sur 485 nids recensés, 400 « pièges à frelons » n’ont permis de capturer qu’une dizaine de fondatrices2 !
Pire encore, pour un frelon asiatique capturé, 999 autres insectes sont tués, et ceux qui en pâtissent le plus sont généralement les petites mouches, pourtant si utiles à la redistribution de la ressource alimentaire dans nos écosystèmes3 ! En provoquant la mort d’un grand nombre d’insectes non ciblés, ces pièges participent à perturber l’équilibre des écosystèmes… Et l’on sait bien en écologie que les espèces qui profitent le plus des environnements perturbés sont les espèces exotiques envahissantes, comme le Frelon asiatique4 !
Plutôt que de persévérer dans des méthodes qui portent un sérieux coup à l’environnement tout en étant inefficaces sur le court terme et aggravent le problème sur le moyen terme, peut-être vaudrait-il mieux écouter la science et prendre du recul sur la gêne occasionnée par les hyménoptères (guêpes, abeilles, frelons…) dont les effectifs sont globalement en nette diminution… Sont-ils si nombreux et agressifs qu’une tapette à mouches ne suffit pas à passer un repas sereinement ? Si tel est le cas, et si le problème vient du frelon asiatique, il convient de se focaliser sur la seule méthode efficace jamais éprouvée pour repousser cette espèce : la destruction des nids avant la période de reproduction (octobre).
Sources :
1 Rome, Q., Villemant, C. Le Frelon asiatique Vespa velutina – Inventaire national du Patrimoine naturel. In: Muséum national d’Histoire naturelle [Ed]. Site Web. http://frelonasiatique.mnhn.fr consulté le 16 février 2024
2 Q. Rome et al. Le piégeage du frelon asiatique Vespa velutina nigrithorax. Intérêts et dangers pp784-788
3 Goldarazena et al., 2015 Chasing the queens of the alien predator of honeybees: A water drop in the invasiveness ocean, pp185-191
4 Rome et al. 2011 Impact sur l’entomofaune des pièges a bière ou a jus de cirier dans la lutte contre le frelon asiatique
Les chenilles processionnaires
Certaines années, les chenilles processionnaires sont présentes en quantité principalement dans les pins et résineux. Elles peuvent causer des désagréments si l’on n’y prend pas garde. Elles possèdent en effet des poils urticants qui provoquent des réactions cutanées importantes, boutons, démangeaisons, pouvant aller jusqu’à des lésions oculaires et respiratoires. Il convient d’être vigilant notamment si l’on doit se tenir sous les arbres infestés.
Les fourmis invasives
La Tapinoma magnum est une fourmi invasive qui s’en prend aux jardins, aux arbres fruitiers, aux autres insectes et peut même causer des morsures bénignes. Elle envahit les habitations ou les milieux urbains, favorisés par les activités humaines. Elle s’installe facilement sous les bâches et galets, ainsi que les gazons synthétiques. Une vie foisonnante dans un jardin permet de ralentir sa propagation (végétation et faune locale). Elle résiste également à la plupart des traitements habituels.
Reconnaitre les fourmis invasives :
- Des colonies très denses qui peuvent s’étendre sur plusieurs milliers de m²
- Les fourmis se déplacent dans un rayon de plus de 30 m autour du foyer
- Une odeur de beurre rance lorsque la fourmi est écrasée : information capitale qui permet d’identifier s’il s’agit réellement des fourmis invasives
Comment lutter contre :
- Octobre à janvier : période de faible activité pour les fourmis ; eau bouillante à verser sur les colonies
- Février à septembre : Gel insecticide à base de diméthylarsinate de sodium
Les plantes invasives
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